22 août 2008
Homophobie
Après avoir lu le dossier consacré par la revue Têtu dans son numéro de septembre à l'homophobie en milieu scolaire viennent à moi des souvenirs de mes années collège et lycée.
En 6ème j'étais plutôt timide et effacé. Je portais des cheveux assez longs, j'avais un ami très très eeféminé. Sans doute cela suffit-il à certains pour me cataloguer. Néanmoins les remarques désagréables furent assez discrètes.
Deux ans plus tard j'ai commencé à me faire insulter, "tapette", "pédale" par un gamin plus jeune que moi. je tentais de l'éviter dans les couloirs du collège ; à chaque nouvelle insulte, je rougissais, ressentais un malaise et finalement considérait que je méritais ces moqueries, étant peu conforme aux autres garçons. Ma hantise d'alors était d'éviter à tout prix que mes parents n'apprennent ces mini-évènements désagréables.
Les élèves de ma classe ne me calculaient pas comme on aurait pu dire mais il est vrai que s'afficher roulant des pelles à une correspondante allemande peut finalement "sauver" votre réputation. Je n'étais plus ce type bizarre, décalé, ami des filles et ennemi des garçons qui convoitaient ces dernières.
Au lycée, je n'ai pas le souvenir d'avoir subi des insultes mais c'était plutôt de l'ordre de l'intimidation physique. Je gênais, trop proche des filles et pas assez "clair" dans ma sexualité pour les autres mâles. J'étais sans doute méprisé, raillé mais je m'en foutais, j'avais des copines et parfois un ou 2 copains de classe.
De tout cela je n'ai jamais parlé. Pas à mes parents en tout cas. A mes soeurs non plus, à personne.
L'aurai-je dit à un adulte dans mon lycée ? je ne crois pas, je ne sais pas
Je repense à tout cela avec le même malaise qui m'animait à l'époque, signe manifeste que ces évènements m'ont marqué. j'ai intériorisé les moqueries et les insultes, les faisant miennes. Je méritais le mépris du fait de ma "différence".
Alors, si je ne me suis pas suicidé, c'est parce que j'ai voulu grandir, baiser, avoir un mec...
Tout cela n'était possible qu'après mes 18 ans
Et malgré tout, j'ai aussi beaucoup été aimé par ma famille, refuge étouffant mais refuge tout de même
Et pourtant, même aujourd'hui, je n'ose lire "Têtu" devant mon père
Mr 3
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